Un voyage tachyonique

Il y a quelque chose de délicieux à se laisser aller à un mode de fonctionnement irrationnel, à suspendre la logique et à prêter l’oreille interne à ce que nous appelons souvent l’intuition. Je viens de faire une expérience d’une puissance rare, qu’il m’est malheureusement impossible de relater sans utiliser un minimum de pensée logico-mathématique discriminante. Dans le cas contraire, je risquerais d’aligner une série de phrases incongrues dignes de Friedrich Nietzsche lorsque son Moi se trouvait déjà à un stade avancé de possession par l’inconscient.

Voici les faits tels que je les ai vécus. A la suite d’une expérience de coaching particulièrement intense il y a quelques jours, il m’a semblé très clairement que j’avais rajeuni. Je n’utilise pas ce terme comme une sorte de métaphore d’un sentiment de béatitude éphémère qui m’aurait habité en état alpha ; je dis bien que j’avais l’impression d’avoir réellement rajeuni, ou régressé dans le temps. Comment expliquer cela ? Je m’en remets ici à la physique quantique et au postulat commun du physicien Wolfgang E. Pauli et du psychologue Carl G. Jung, selon lequel « la psyché et la matière sont régies par des principes communs, neutres, qui ne sont pas, en soi, identifiables ».

Avant de continuer, j’aimerais préciser qu’il y a quelques mois, j’avais déjà fait un rêve dans lequel il était question d’un « quantum ». Il s’agissait d’un « grand rêve » en terminologie jungienne, dans lequel une voix masculine me disait très clairement que l’on avait trouvé le quantum en question dans une cabane, et qu’il fallait absolument que je m’y rende pour m’en imprégner. A titre de rappel, pour Carl Jung une voix masculine entendue dans un rêve est la voix du Soi, une vérité irréfutable qu’il convient d’écouter. Un grand rêve est un événement rare, qui survient dans des périodes particulièrement intenses d’alignement entre le Moi et l’inconscient. Je compris dans ce rêve que souvent, lorsque j’ai l’impression de stagner dans ma vie, il se produit subitement un saut quantique, une réaction en chaîne d’événements qui me font avancer en quelques jours davantage que pendant les années précédentes.

Je place mon expérience de rajeunissement dans le même 'complexe intuitif' que ce rêve, comme s'il s'agissait du deuxième chapitre. Immédiatement après l’avoir vécue, le soir en rentrant chez moi, je reçus un message électronique avec l’une de ces idées délicieusement drôles dont Woody Allen possède le secret :

« On devrait vivre la vie à l’envers…
Tu commences par mourir, ça élimine ce traumatisme qui nous suit toute la vie.
Après tu te réveilles dans une maison de retraite, en allant mieux de jour en jour.
Alors, on te met dehors sous prétexte de bonne santé et tu commences par toucher ta retraite.
Ensuite pour ton premier jour de travail, on te fait un cadeau d’une montre en or et tu as un beau salaire.
Tu travailles quarante ans jusqu’à ce que tu sois suffisamment jeune pour profiter de la fin de ta vie active.
Tu vas de fête en fête, tu bois, tu vis plein d’histoires d’amour. Tu n’as pas de problèmes graves.
Tu te prépares à faire des études universitaires.
Puis c’est le collège, tu t’éclates avec tes copains, sans aucune obligation, jusqu’à devenir bébé.
Les neuf derniers mois tu les passes tranquille, avec chauffage central, room service, etc.
Et au final, tu quittes ce monde dans un orgasme !»

Je me suis bien amusé, puis j’ai réfléchi à la synchronicité entre mon coaching de rajeunissement et ce message léger. Je rappelle ici la définition de la synchronicité : la synchronicité est l’occurrence simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit. Je me suis alors demandé ce que nous livre la physique concernant la relativité du temps, et je me suis souvenu très vaguement de quelque chose que j’avais lu à ce propos dans un article en relation avec le fameux boson de Higgs. En faisant quelques recherches sur Internet, j’ai retrouvé ce que je cherchais : le tachyon

Le tachyon est une particule hypothétique qui voyage plus vite que la lumière. Elle fut inventée par Gerald Feinberg en 1964 afin de contourner l’un des principes de base de la théorie de la relativité d’Einstein, qui interdit de dépasser la vitesse de la lumière, vitesse pour laquelle la durée devient infinie. Le champ tachyonique est donc un champ quantique avec une masse imaginaire. Supposons à présent que je décide de faire un ‘voyage tachyonique’, en m’éloignant de la terre dans ce champ imaginaire, et qu’il existe des tachyons qui circulent à 4 fois la vitesse de la lumière. Disons que je voyage pour ma part à 0,8 fois la vitesse de la lumière. En deux heures, j’ai donc parcouru 0,8 x 2 = 1,6 hL (heure-lumière). A chaque heure terrestre, je n’enregistre que 0,6 h dans mon espace sidéral, soit 36 minutes.

Supposons maintenant qu’au bout de ces deux heures terrestres, mon ami Fabrice, qui se trouve encore sur terre, m’envoie un message tachyonique. Le « trajet tachyons » est le temps pour que le message tente de me rattraper : 1,6 / 4 = 0,4 h (je rappelle que j’ai parcouru 1,6 hL au bout de deux heures terrestres, et que le tachyon circule à 4 fois la vitesse de la lumière, d’où ce calcul). Il faut donc 0,4 h pour que le message parvienne à l’endroit où je suis, sauf que j’ai moi aussi progressé, de 0,32 hL pour être exact. Le message se rapproche néanmoins, puisqu’il va plus vite que moi à 0,8 fois la vitesse de la lumière. Au bout de 2,5 heures terrestres – ou 0,5 h tachyons, le message me parvient. J’ai parcouru 2 hL.

Donc, au bout de 2,5 heures terrestres, j’enregistre pour ma part 1,5 heure sidérale (2,5 x 0,6). Il faut à présent déduire la distance T x 0,8, puisque je voyage à 0,8 fois la vitesse de la lumière. En d’autres termes, au moment où je renvoie un message à mon ami Fabrice, le message doit parcourir 1,2 hL pour rejoindre la terre, soit 1,2 / 4 = 0,3 h. L’heure sidérale est de 1,8 h. La terre s’éloigne à 0,8 fois la vitesse de la lumière et le message arrivera sur la terre au bout de 3/8 = 0,375 h. L’heure sidérale est à présent de 1, 875 h.

Le message a fait l’aller retour en 1,875 h, soit en relatif 1,875 x 0,6 = 1,125. En d’autres termes, il s’est écoulé sur terre 1,125 h : j’ai réussi à envoyer un message dans le passé de Fabrice ! CQFD.

Il est donc théoriquement possible de remonter le temps, mais uniquement à partir d’une hypothèse fondée sur l’intrication quantique. Celle-ci démontre que deux systèmes S1 et S2 séparés par de grandes distances spatiales peuvent ne pas être indépendants, et qu’il faut considérer S1 et S2 comme un système unique. L’intrication quantique se fonde sur la non-localité, qui remet en question le principe de localité, qui stipule que des objets distants ne peuvent avoir une influence directe l’un sur l’autre. En d’autres termes, la non-localité ouvre de nouvelles perspectives à la synchronicité, puisque la contrainte spatiale dans la relation entre deux objets est théoriquement levée. Cela nous permet également de voir sous un autre angle la notion de champ morphique de Rupert Sheldrake.

Néanmoins, il convient de souligner qu’à ce stade, la physique part du principe que les états intriqués ne peuvent pas être utilisés pour transmettre une information quelconque d’un point à un autre de l’espace temps plus rapidement qu’avec de la lumière. Notre voyage tachyonique n’est donc pour l’instant qu’une hypothèse qu’il est impossible de démontrer. Cependant, je suis convaincu que dans les années qui viennent la physique quantique va nous révéler des choses stupéfiantes, entre autre sur la relation asymétrique entre matière et antimatière. Il me semble discerner qu’entre le paradoxe EPR (Einstein – Podolsky – Rosen), le principe d’exclusion de Pauli et le champ de Higgs, s’établit un continuum qui place la physique quantique au centre des plus grands mystères qu’il nous reste à élucider.

En ce qui me concerne, loin d’avoir la capacité d’intégrer ne fut-ce qu’une fraction des connaissances actuelles en physique, je préfère écouter cette voix qui me parle dans mes rêves ou en état alpha, cette intuition qui m’a conduit plus d’une fois à prendre les bonnes décisions dans le Kairos, le moment juste. Je termine ces réflexions – élucubrations pour certains – par le constat que même si cela est impossible à démontrer, je suis intimement convaincu d’avoir rajeuni pendant ce fameux coaching. Je vous ferai signe lorsque j’aurai vérifié la justesse des suppositions de Woody Allen concernant la fin de vie.

4 thoughts on “Un voyage tachyonique

  1. J’ai tout compris !!!!
    Merci pour ce régale neuronien.
    Du grand art !
    Je m’en vais de ce pas acheter quelques biberons pour préparer mon avenir…
    X./

  2. Tu me replonges dans le film de Fisher que j’ai adoré : L’étrange histoire de Benjamin Button! Film à plusieurs détentes…

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