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La corne d’abondance interculturelle

Ma grand-mère parlait couramment le Mandarin. C’était beau à écouter, mais je n’y comprenais rien. Elle me disait qu’il y avait plusieurs tons et que selon la manière dont on les « chante », les syllabes n’ont pas le même sens. J’ai toujours trouvé cela très poétique, profondément civilisé au fond, et ce fut pour moi une leçon d’humilité. A partir de cet instant, je me suis dit que chaque fois que je rencontrerais un étranger, je serais indulgent s’il ne parlait pas bien ma langue, puisque c’est ce que j’attendrais d’un Chinois à mon égard.

J’ai voyagé et appris plusieurs langues, ce qui m’a donné la possibilité de rencontrer des personnes à un autre niveau que si j’avais dû balbutier des phrases mal alignées à peine plus évoluées que le langage d’un enfant en bas-âge. Prenons n’importe quel ouvrage d’un grand écrivain d’une culture donnée, si nous ne maîtrisons pas sa langue, nous serons condamnés à ne comprendre que partiellement ce qu’il a voulu transmettre. Comment comprendre l’autre sans avoir eu la courtoisie d’apprendre son idiome ? Comment accéder à sa culture sans connaître le langage par lequel elle est véhiculée ?

Un exemple au hasard, puisque j’ai Le père Goriot sous la main : « Cependant il s’y rencontre çà et là des douleurs que l’agglomération des vices et des vertus rend grandes et solennelles : à leur aspect, les égoïsmes, les intérêts, s’arrêtent et s’apitoient ; mais l’impression qu’ils en reçoivent est comme un fruit savoureux promptement dévoré. Le char de la civilisation, semblable à celui de l’idole de Jaggernat, à peine retardé par un cœur moins facile à broyer que les autres et qui enraye sa roue, l’a brisé bientôt et continue sa marche glorieuse. » Lire Balzac n’est possible que si l’on connaît suffisamment sa langue, et nulle traduction ne rendra pleinement l’esprit particulier de son style et de son époque, ou encore les nuances de son choix de mots.

L’interculturalité nous défie d’aller au-delà des limites que nous impose le monolinguisme, de faire l’effort non seulement de nous pencher sur telle ou telle coutume propre à l’étranger, mais d’acquérir les grilles de lecture qui nous permettront de déverrouiller le seul véritable portail de sa culture : les mots. Apprendre une langue étrangère est un acte de générosité envers l’autre, un petit pas vers une communication plus riche et la possibilité d’un échange profond, complet.

A plus petite échelle, ce même état d’esprit est celui qui nous encourage à vouloir comprendre les particularités du monde intérieur de chaque personne que nous rencontrons avant de porter un jugement basé sur une première impression souvent trompeuse. Que cherche à nous dire l’autre par son choix de paroles et sa gestuelle ? Quelles informations nous livrent ses expressions faciales ? De quel milieu est-il issu et quels sont ses codes ? Dans quel univers professionnel évolue-t-il au quotidien et quel est le jargon propre à ce microcosme ?

Ah, si seulement nous pouvions vivre assez longtemps pour apprendre toutes les langues et comprendre toutes les nuances des comportements ! Hélas ! Nous sommes condamnés à rester largement ignorants du contenu de cette incroyable corne d’abondance qu’est l’aventure humaine. Raison de plus pour avoir l’élégance de l’humilité et accueillir la différence comme une opportunité d’enrichissement. Dans un premier temps, il convient de développer la conscience de soi et son intelligence émotionnelle ; puis, ainsi armés et délestés de nos préjugés grégaires, nous pouvons partir à la découverte des trésors cachés que nous réserve l’autre.

Bon voyage en Chinois (cliquer ici)

Photo 123rf/Zhanna Millionnaya

Audio 123rf/SoundBounce Inc.

Le paradoxe des stéréotypes


Qu’est-ce que cela veut dire de se former à l’interculturalité ? Est-ce que cela implique de faire des recherches approfondies sur la culture à laquelle je vais être « confronté » ? S’agit-il vraiment d’une confrontation entre deux mondes différents ?

Ou bien, de prendre conscience et du recul sur sa propre culture et sur les autres orientations pour mieux accepter la différence ?

En décembre 2009, l’entreprise dans laquelle je travaillais m’annonçait ma prochaine expatriation au Brésil. Date de mon départ : février 2010 ! Si peu de temps et tellement de choses à préparer et à apprendre, incluant la langue. A l’époque, je ne parlais pas un mot de portugais !

Je me souviens que mon premier élan a été de réunir le maximum d’informations sur la culture, sur les codes et la façon d’être des brésiliens. Quelle était leur histoire ? Comment manager des collaborateurs brésiliens ? Comment mieux communiquer ? Quelles étaient leurs forces et faiblesses ?

Cela m’a certainement aidé : des informations, somme toute, … pratiques. La question que je me suis posée plus tard : est-ce que cela m’a limitée dans une vraie écoute de cette nouvelle culture que je découvrais ? La réponse est certainement : oui !

Aujourd’hui, je me rends compte que, dans mes premiers contacts avec une personne, j’avais déjà des partis pris sur son mode de fonctionnement. Ceci a inévitablement réduit la curiosité et l’écoute dans la découverte de l’autre qui est unique. Ce n’est que dans un deuxième moment, une fois l’anxiété de mon installation finie, que j’ai pu laisser les stéréotypes de côté pour vraiment m’ouvrir et m’intéresser à l’autre.

Par une nécessité de simplification, l’interculturalité travaille avec des généralisations : on identifie des traits culturels qui, généralement, peuvent caractériser une culture. Il s’agit d’une hypothèse de travail, rien de plus.

Car le risque de la généralisation est le stéréotype. C’est-à-dire, arriver à penser que ce trait particulier, identifié par la généralisation, s’applique à tous et chacun des individus appartenant à ce groupe culturel. Le stéréotype rassure, mais nous ferme tellement de portes !

Deuxième risque : est-ce que l’individu est seulement façonné par sa culture nationale ? Notre culture est le résultat, non seulement de notre nationalité, mais de notre parcours dans tout groupe social auquel nous appartenons.

Quelle est exactement ma culture ? Je ne saurais le dire : je suis latino-américaine d’ascendance basque, j’ai fait toute ma scolarité dans le système français, j’ai vécu et travaillé des années dans des pays différents. Du fait de mes études, j’ai une culture juridique, financière mais aussi humaniste. Quelle est donc ma culture ? Probablement, un peu de toutes les antérieures. Ma culture est unique car tel est mon parcours.

Mais alors, quelle est l’alternative ?

Se former à l’interculturel en tant que développement personnel. Travailler sur la prise de conscience que ces propres préférences culturelles sont le résultat, non pas de vérités absolues (comme on le constate dans l’ethnocentrisme), mais le résultat d’apprentissages aboutissant à la culture résultante de mon propre parcours (tel que l’admet l’ethno-relativisme).

Dépasser les stéréotypes, tout en se formant à l’interculturel, est d’avoir du recul sur sa propre culture et comprendre qu’il y a d’autres approches aussi valables et intéressantes à explorer car plus porteuses que notre propre vision dans certains contextes.

Le but de l’interculturalité n’est pas de souligner la différence. C’est de prendre conscience des différentes orientations pour construire des ponts entre elles et, ensemble, atteindre une meilleure interaction dans le respect et l’acceptation de l’autre.

Alors, soyez les bienvenus dans la belle aventure de l’interculturalité !

Fabiola Ortiz 2016
Photo 123rf/iqoncept

La compétence du coach

"Pouvez-vous me décrire vos compétences en un seul mot ?" Une simple question posée de manière désinvolte lors d'une récente simulation de pitch commercial pour un coaching d'équipe, par le formateur qui jouait le rôle du manager d'une entreprise. Et ma réponse : "L'écoute", suivie de façon cinglante par la réplique, accompagnée d'un haussement d'épaules un peu dédaigneux* : "C'est une technique, ça..." Détournement de tête du manager vers mon binôme pour entendre la suite, tout ceci en l'espace de quelques secondes. J'étais déjà ailleurs, reprochant à mes synapses de ne pas avoir été de meilleures conductrices. Plasticité neuronale de mon œil. Quelle réponse boiteuse ! L'écoute. Autant dire qu'un coach sans écoute devrait changer de métier ! Alors plus banal comme synthèse de compétences, c'était tellement difficile qu'à la limite, j'ai été génial en matière de plombage style "bévue monumentale". Pour moi, tout était joué après cela, je savais que c'était fini et que l'autre binôme le remporterait quoiqu'il arrive et malgré le talent de ma pauvre collègue qui se défendait pourtant si bien, car je ne méritais pas d'être choisi. C'était trop énorme. Un coach qui ne connait pas ses propres compétences... C'est très bien l'humilité et la position basse, mais basse au point de brouter le gazon, c'est mauvais pour les gencives - ou pas. Bref, mon nazi de surmoi s'en est donné à cœur joie : "Ah, tu croyais avoir de la sécurité ontologique ? Ah, tu pensais avoir gagné en maturité et en congruence ? Espèce de ver de terre nombriliste, va ramper au lieu de te prendre pour un aigle !"

Si ce préambule un tantinet auto-dérisoire peut servir à alerter tous ceux qui seraient amenés prochainement à vendre leur savoir-faire, peu importe le domaine, au moins ma déroute cuisante aura servi à quelque chose. Il est capital de connaître parfaitement ses propres compétences, et de pouvoir les clamer haut et fort, de "tirer plus vite que son ombre" dès que la question est posée. Cela ne garantit bien entendu pas le succès, mais au moins cela permet d'éviter l'élimination automatique, le carton rouge sans appel. Il est impossible de résumer ses compétences en un mot ? La question est idiote et peu réaliste ? Détrompez-vous, cette question est une vraie question de coach, elle est tout simplement géniale ! Elle va droit à l'essentiel, sans détour ni bavardages futiles, tac ! Si vous ne connaissez pas encore la réponse, il est temps de faire un peu de divergence et de convergence, un bon petit brainstorming et pas mal d'introspection. C'est un conseil d'ancien combattant, d'un type qui se relève à peine du tapis après cet uppercut d'enfer.

Ensuite, c'est une question de dosage et de culture. Je me souviens de l'histoire d'un néerlandais qui voulait se faire embaucher pour un poste technique par une entreprise dont le dirigeant était américain. Le candidat était très compétent et expérimenté, mais on lui préféra un autre homme nettement moins qualifié que lui. Pourquoi ? Parce que le néerlandais, comme beaucoup de ses compatriotes, n'aimait pas se vanter. Dans son pays, on tend à minimiser ses propres compétences par pudeur et par modestie. Pour le dirigeant américain, dont la culture valorise plutôt le fait de se pavaner et d'exagérer ses qualités, ce candidat semblait niais et peu sûr de lui. Mais attention au stéréotypes ! Une tendance culturelle au niveau d'un pays ne signifie pas que tous les individus s'y comportent de la même façon. Il est donc judicieux de se renseigner au mieux sur la culture de l'entreprise qui vous reçoit, sur les pratiques internes et sur les valeurs prépondérantes de ses dirigeants. Pour cela, lire en détail le contenu du site Internet de la société et faire la connaissance de l'un de ses employés vous apportera des renseignements précieux qui peuvent faire toute la différence.

* Il était bien entendu bienveillant, cela faisait partie de la simulation.

Coopération interculturelle

La survie d'une entreprise est directement liée à la capacité de ses dirigeants de maîtriser les différences culturelles au sein de ses équipes ou dans le cadre de négociations complexes. Il est donc conseillé d'accompagner les dirigeants afin de leur permettre d'affronter les chocs culturels qui peuvent mettre en péril la santé de leur organisation et empêcher leur épanouissement professionnel.

Les différences culturelles sont une réalité à plusieurs niveaux : organisationnel, social, régional ou national. Le rapport à l'autorité, le degré d'individualisme, l'assertivité plus ou moins développée, ou encore la gestion de l'incertitude varient considérablement d'une culture à l'autre. L'incompréhension de ces différences peut provoquer des conflits à tous les niveaux de la hiérarchie, avec des conséquences désastreuses pour la productivité d'une entreprise.

Les chocs culturels que subissent fréquemment les expatriés et les difficultés d'adaptation de cadres étrangers, même après plusieurs années dans leur pays d'accueil, illustrent les situations de stress que peuvent engendrer les différences culturelles, avec des effets délétères sur le rendement et la santé physique et psychique des individus. Cela se produit également dans le cadre de fusions et acquisitions, lorsque des équipes entières sont absorbées par une entité d'une culture différente, ou lors de négociations avec de forts enjeux commerciaux.

En nous appuyant sur notre technique de Coaching ontogénique®, nous accompagnons les dirigeants en situation d'aliénation culturelle et les aidons à passer le cap de l'acculturation et retrouver leur congruence identitaire au sein de leur organisation ou autre milieu interculturel.

Un voyage tachyonique

Il y a quelque chose de délicieux à se laisser aller à un mode de fonctionnement irrationnel, à suspendre la logique et à prêter l’oreille interne à ce que nous appelons souvent l’intuition. Je viens de faire une expérience d’une puissance rare, qu’il m’est malheureusement impossible de relater sans utiliser un minimum de pensée logico-mathématique discriminante. Dans le cas contraire, je risquerais d’aligner une série de phrases incongrues dignes de Friedrich Nietzsche lorsque son Moi se trouvait déjà à un stade avancé de possession par l’inconscient.

Voici les faits tels que je les ai vécus. A la suite d’une expérience de coaching particulièrement intense il y a quelques jours, il m’a semblé très clairement que j’avais rajeuni. Je n’utilise pas ce terme comme une sorte de métaphore d’un sentiment de béatitude éphémère qui m’aurait habité en état alpha ; je dis bien que j’avais l’impression d’avoir réellement rajeuni, ou régressé dans le temps. Comment expliquer cela ? Je m’en remets ici à la physique quantique et au postulat commun du physicien Wolfgang E. Pauli et du psychologue Carl G. Jung, selon lequel « la psyché et la matière sont régies par des principes communs, neutres, qui ne sont pas, en soi, identifiables ».

Avant de continuer, j’aimerais préciser qu’il y a quelques mois, j’avais déjà fait un rêve dans lequel il était question d’un « quantum ». Il s’agissait d’un « grand rêve » en terminologie jungienne, dans lequel une voix masculine me disait très clairement que l’on avait trouvé le quantum en question dans une cabane, et qu’il fallait absolument que je m’y rende pour m’en imprégner. A titre de rappel, pour Carl Jung une voix masculine entendue dans un rêve est la voix du Soi, une vérité irréfutable qu’il convient d’écouter. Un grand rêve est un événement rare, qui survient dans des périodes particulièrement intenses d’alignement entre le Moi et l’inconscient. Je compris dans ce rêve que souvent, lorsque j’ai l’impression de stagner dans ma vie, il se produit subitement un saut quantique, une réaction en chaîne d’événements qui me font avancer en quelques jours davantage que pendant les années précédentes.

Je place mon expérience de rajeunissement dans le même 'complexe intuitif' que ce rêve, comme s'il s'agissait du deuxième chapitre. Immédiatement après l’avoir vécue, le soir en rentrant chez moi, je reçus un message électronique avec l’une de ces idées délicieusement drôles dont Woody Allen possède le secret :

« On devrait vivre la vie à l’envers…
Tu commences par mourir, ça élimine ce traumatisme qui nous suit toute la vie.
Après tu te réveilles dans une maison de retraite, en allant mieux de jour en jour.
Alors, on te met dehors sous prétexte de bonne santé et tu commences par toucher ta retraite.
Ensuite pour ton premier jour de travail, on te fait un cadeau d’une montre en or et tu as un beau salaire.
Tu travailles quarante ans jusqu’à ce que tu sois suffisamment jeune pour profiter de la fin de ta vie active.
Tu vas de fête en fête, tu bois, tu vis plein d’histoires d’amour. Tu n’as pas de problèmes graves.
Tu te prépares à faire des études universitaires.
Puis c’est le collège, tu t’éclates avec tes copains, sans aucune obligation, jusqu’à devenir bébé.
Les neuf derniers mois tu les passes tranquille, avec chauffage central, room service, etc.
Et au final, tu quittes ce monde dans un orgasme !»

Je me suis bien amusé, puis j’ai réfléchi à la synchronicité entre mon coaching de rajeunissement et ce message léger. Je rappelle ici la définition de la synchronicité : la synchronicité est l’occurrence simultanée d’au moins deux événements qui ne présentent pas de lien de causalité, mais dont l’association prend un sens pour la personne qui les perçoit. Je me suis alors demandé ce que nous livre la physique concernant la relativité du temps, et je me suis souvenu très vaguement de quelque chose que j’avais lu à ce propos dans un article en relation avec le fameux boson de Higgs. En faisant quelques recherches sur Internet, j’ai retrouvé ce que je cherchais : le tachyon

Le tachyon est une particule hypothétique qui voyage plus vite que la lumière. Elle fut inventée par Gerald Feinberg en 1964 afin de contourner l’un des principes de base de la théorie de la relativité d’Einstein, qui interdit de dépasser la vitesse de la lumière, vitesse pour laquelle la durée devient infinie. Le champ tachyonique est donc un champ quantique avec une masse imaginaire. Supposons à présent que je décide de faire un ‘voyage tachyonique’, en m’éloignant de la terre dans ce champ imaginaire, et qu’il existe des tachyons qui circulent à 4 fois la vitesse de la lumière. Disons que je voyage pour ma part à 0,8 fois la vitesse de la lumière. En deux heures, j’ai donc parcouru 0,8 x 2 = 1,6 hL (heure-lumière). A chaque heure terrestre, je n’enregistre que 0,6 h dans mon espace sidéral, soit 36 minutes.

Supposons maintenant qu’au bout de ces deux heures terrestres, mon ami Fabrice, qui se trouve encore sur terre, m’envoie un message tachyonique. Le « trajet tachyons » est le temps pour que le message tente de me rattraper : 1,6 / 4 = 0,4 h (je rappelle que j’ai parcouru 1,6 hL au bout de deux heures terrestres, et que le tachyon circule à 4 fois la vitesse de la lumière, d’où ce calcul). Il faut donc 0,4 h pour que le message parvienne à l’endroit où je suis, sauf que j’ai moi aussi progressé, de 0,32 hL pour être exact. Le message se rapproche néanmoins, puisqu’il va plus vite que moi à 0,8 fois la vitesse de la lumière. Au bout de 2,5 heures terrestres – ou 0,5 h tachyons, le message me parvient. J’ai parcouru 2 hL.

Donc, au bout de 2,5 heures terrestres, j’enregistre pour ma part 1,5 heure sidérale (2,5 x 0,6). Il faut à présent déduire la distance T x 0,8, puisque je voyage à 0,8 fois la vitesse de la lumière. En d’autres termes, au moment où je renvoie un message à mon ami Fabrice, le message doit parcourir 1,2 hL pour rejoindre la terre, soit 1,2 / 4 = 0,3 h. L’heure sidérale est de 1,8 h. La terre s’éloigne à 0,8 fois la vitesse de la lumière et le message arrivera sur la terre au bout de 3/8 = 0,375 h. L’heure sidérale est à présent de 1, 875 h.

Le message a fait l’aller retour en 1,875 h, soit en relatif 1,875 x 0,6 = 1,125. En d’autres termes, il s’est écoulé sur terre 1,125 h : j’ai réussi à envoyer un message dans le passé de Fabrice ! CQFD.

Il est donc théoriquement possible de remonter le temps, mais uniquement à partir d’une hypothèse fondée sur l’intrication quantique. Celle-ci démontre que deux systèmes S1 et S2 séparés par de grandes distances spatiales peuvent ne pas être indépendants, et qu’il faut considérer S1 et S2 comme un système unique. L’intrication quantique se fonde sur la non-localité, qui remet en question le principe de localité, qui stipule que des objets distants ne peuvent avoir une influence directe l’un sur l’autre. En d’autres termes, la non-localité ouvre de nouvelles perspectives à la synchronicité, puisque la contrainte spatiale dans la relation entre deux objets est théoriquement levée. Cela nous permet également de voir sous un autre angle la notion de champ morphique de Rupert Sheldrake.

Néanmoins, il convient de souligner qu’à ce stade, la physique part du principe que les états intriqués ne peuvent pas être utilisés pour transmettre une information quelconque d’un point à un autre de l’espace temps plus rapidement qu’avec de la lumière. Notre voyage tachyonique n’est donc pour l’instant qu’une hypothèse qu’il est impossible de démontrer. Cependant, je suis convaincu que dans les années qui viennent la physique quantique va nous révéler des choses stupéfiantes, entre autre sur la relation asymétrique entre matière et antimatière. Il me semble discerner qu’entre le paradoxe EPR (Einstein – Podolsky – Rosen), le principe d’exclusion de Pauli et le champ de Higgs, s’établit un continuum qui place la physique quantique au centre des plus grands mystères qu’il nous reste à élucider.

En ce qui me concerne, loin d’avoir la capacité d’intégrer ne fut-ce qu’une fraction des connaissances actuelles en physique, je préfère écouter cette voix qui me parle dans mes rêves ou en état alpha, cette intuition qui m’a conduit plus d’une fois à prendre les bonnes décisions dans le Kairos, le moment juste. Je termine ces réflexions – élucubrations pour certains – par le constat que même si cela est impossible à démontrer, je suis intimement convaincu d’avoir rajeuni pendant ce fameux coaching. Je vous ferai signe lorsque j’aurai vérifié la justesse des suppositions de Woody Allen concernant la fin de vie.

Carl G. Jung et les émotions

"Certaines tribus croient que l'homme a une pluralité d'âmes. Cette croyance exprime le sentiment qu'ont les primitifs que chaque homme est constitué par plusieurs unités distinctes, bien que reliées. Cela signifie que la psyché de l'individu est très loin d'être définitivement unifiée. Au contraire, elle menace à tout instant de se fragmenter sous le choc d'émotions incontrôlées".

"Ces faits, avec lesquels nous ont familiarisés les études des anthropologues, ne sont pas aussi étrangers à notre stade plus avancé de civilisation qu'il y parait au premier abord. Nous aussi, nous pouvons être atteints de dissociation psychique, et perdre notre personnalité. Nous pouvons devenir déraisonnables, et incapables de nous souvenir de choses importantes nous concernant nous ou les autres, en sorte qu'on nous demande "mais qu'est-ce qui vous prend?". Nous prétendons être capables de "nous contrôler", mais le contrôle de soi est une qualité remarquable par sa rareté. Nous avons l'illusion que nous nous contrôlons. Mais un ami peut aisément nous dire sur nous-même des choses dont nous n'avons pas conscience".

"Il ne fait pas de doute que même dans ce que nous appelons un haut niveau de civilisation, la conscience humaine n'est pas encore parvenue à un degré satisfaisant de continuité. Elle est encore vulnérable et susceptible de se fragmenter. Cette faculté que nous avons d'isoler une partie de notre esprit, est, en fait, une caractéristique d'une grande valeur. Elle nous permet de concentrer notre attention sur une chose à la fois, à l'exclusion de ce qui la sollicite par ailleurs. Mais il y a une différence radicale entre la décision que nous pouvons prendre de mettre à part et de supprimer momentanément une partie de notre psyché, et un état dans lequel ce phénomène se produit spontanément, à l'insu et sans le consentement du sujet, et même contre sa volonté. Le premier processus est une conquête de l'être civilisé, le second correspond à ce que les primitifs appellent la perte d'une âme, et plus près de nous, il peut être la cause pathologique d'une névrose".

"Ainsi, même de nos jours, l'unité de la conscience reste quelque chose de précaire. Elle peut être trop facilement rompue. Et la faculté de dominer nos émotions, qui peut nous paraître désirable d'un certain point de vue, serait par ailleurs une qualité d'une valeur contestable, car elle enlèverait aux relations humaines toute variété, toute couleur, toute chaleur et tout charme. C'est dans cette perspective que nous devons examiner l'importance des rêves, de ces fantaisies immatérielles, insaisissables, trompeuses, vagues, incertaines, que produit notre inconscient".

Ce texte est un extrait de "L'homme et ses symboles" de Carl Gustav Jung, paru pour la première fois en 1964. Nous le reprenons dans notre blog afin d'attirer l'attention sur le fait que Jung s'est exprimé sur les émotions dans plusieurs contextes, par exemple les manifestations de l'inconscient et la faculté de symbolisation de l'homme.

Les origines de la créativité

On entend parfois des personnes dire qu'elles ont "un blocage créatif", ou bien qu'elles "aimeraient tellement être plus créatives". Mais qu'est-ce que cela veut dire au juste ? Faut-il être artiste pour être créatif ? Mais alors qui est un artiste et qui ne l'est pas ? La créativité est-elle innée ou est-il possible de l'apprendre et de la développer ? Pour répondre à toutes ces questions, il est utile de commencer par définir le terme.

Nombreux sont les chercheurs qui s'y sont intéressés et qui ont décrit cette faculté, mais la définition généralement admise est celle du psychologue américain Robert Sternberg, selon qui "la créativité est la capacité à réaliser une production qui soit à la fois nouvelle et adaptée au contexte dans lequel elle se manifeste". En d'autres termes, cette production doit se distinguer de ce qui a précédemment été proposé et satisfaire les contraintes de l'environnement dans lequel elle s'exprime. Pour ne prendre qu'un exemple extrême, lorsque Nicolas Copernic développa la théorie selon laquelle le soleil se trouve au centre de l'univers et la terre tourne autour de lui, il révolutionna les points de vue scientifiques, philosophiques et religieux du début du 16ème siècle.

La créativité ayant été définie, quels sont les facteurs qui en modulent l'expression ? Pour citer Maud Besançon de l'Université Paris Descartes, ils sont de trois types : les facteurs cognitifs (liés aux connaissances et aux facultés mentales), les facteurs dits conatifs (liés aux traits de personnalité de l'individu, ainsi qu'à sa motivation) et les facteurs environnementaux, qui regroupent l'influence de la famille, des parents, de l'école, des amis, etc.

Les facteurs cognitifs concernent surtout deux qualités essentielles : la pensée divergente et la flexibilité mentale. La pensée divergente est un processus mental qui permet de produire de nombreuses idées à partir d'un stimulus unique. Par exemple, les différentes interprétations que l'on peut faire de l'étrange dessin qui apparaît dans le Torrance Test of Creative Thinking : une espèce de rond noir avec des pics, qui peut être décrit comme une araignée écrasée, un impact sur un pare-brise, etc. Mais la pensée divergente à elle seule ne suffit pas, car il ne s'agit pas uniquement de multiplier les idées, mais également de se dégager de ses habitudes de pensée. Par conséquent, la deuxième qualité intellectuelle requise est la flexibilité mentale, l'aptitude à trouver différentes solutions à un problème et à envisager un problème sous des angles différents. Ce changement d'approche est bien illustré par l'énigme des six allumettes avec lesquelles il s'agit de former quatre triangles équilatéraux : un tétraèdre fournit la solution...

Les facteurs conatifs concernent les caractéristiques de la personnalité et la motivation de l'individu. Les individus les plus créatifs se distinguent par des traits de caractère comme la persévérance, la tolérance à l'ambiguïté, l'ouverture aux expériences nouvelles, l'individualisme et la prise de risque. Quant à la motivation, il en existe deux formes : la motivation extrinsèque - l'envie de reconnaissance, de richesse, de réussite, de gratification extérieure sous toutes ses formes, et la motivation intrinsèque, qui est liée au plaisir de s'adonner à l'activité créatrice. C'est cette deuxième motivation qui est essentielle, car les personnes qui la possèdent ne se préoccupent pas de savoir si leurs idées seront couronnées ou non de succès, d'où leur capacité à prendre des risques.

Les facteurs environnementaux sont liés au type d'enseignement que reçoit un enfant à l'école, tendant soit vers le conformisme, soit vers l'autonomie ; l'éducation parentale incitant ou pas à la prise d'initiative et à la pensée indépendante ; les amis et leur tendances dominantes, ainsi que toutes autres personnes ou formes d'apprentissages pouvant exercer une influence déterminante sur l'individu.

Mais il existe encore d'autres facteurs, moins souvent mentionnés mais tout aussi importants, à savoir tout ce qui concerne l'hygiène de vie, et notamment l'alimentation. Car pour que les conditions citées ci-dessus puissent être favorablement remplies, il faut avoir un cerveau qui fonctionne de manière optimale. Sans trop entrer dans le détail, plusieurs centres du cerveau interviennent lors du processus créatif, et le dialogue entre les deux hémisphères est primordial. Par ailleurs, la rapidité de transmission des pulsions électriques qui forment la pensée, est en partie déterminée par le niveau de myélinisation des gaines neuronales qui entourent les axones. Il est donc indispensable de ne pas souffrir de carences alimentaires, car il en résulterait des troubles de l'attention, de la mémoire, du raisonnement et de la concentration. Le cerveau consomme dix fois plus d'énergie que les autres organes. La mauvaise qualité nutritionnelle du petit déjeuner réduit les performances intellectuelles de l'ordre de 10 pour cent, 15 pour cent chez les personnes âgées, quand on les teste, par exemple, sur des exercices de calcul arithmétique et de mémoire.

Pour conclure, la créativité n'est donc pas forcément innée, même si certains paramètres liés aux connexions neuronales et à la rapidité de transmission des pulsions à l'intérieur du cerveau sont formatées avant la naissance. Par la suite, une bonne hygiène de vie et l'optimisation des facteurs environnementaux vont être déterminants pour la faculté créative et son développement.

Pour en savoir plus sur la créativité et l'alimentation indispensable au cerveau, vous pouvez lire les articles parus dans "L'essentiel Cerveau & Psycho" de février - avril 2012. Les lignes ci-dessus en sont largement inspirées.

Les expressions faciales

Lorsque l'on fait l'effort de bien regarder son interlocuteur pendant une conversation, on s'aperçoit que ses expressions faciales ne traduisent pas forcément à tout instant le sens des mots qu'il communique. Tout l'intérêt de savoir identifier les émotions est d'arriver à un niveau supérieur dans la communication, car non seulement on décèle le véritable état d'esprit de l'autre, mais grâce à la pratique on prend également conscience de ses propres émotions.

Au premier abord, la tâche peut sembler compliquée, car les expressions faciales sont formées par une vingtaine de muscles faciaux tels que les zygomatiques ou le buccinator, et les combinaisons possibles sont nombreuses. Cependant, en structurant l'exercice il est possible de simplifier le processus d'identification. Il convient d'abord de savoir qu'il existe six émotions primaires qui sont communes à tous les êtres humains : la colère, le dégoût, la peur, la joie, la tristesse et la surprise. Lorsque ces émotions se manifestent à l'état pur, elles sont faciles à reconnaître. Mais il est plus fréquent que les émotions primaires soient ressenties avec des degrés d'intensité variables, allant par exemple, pour le dégoût, du dédain à la révulsion, en passant par l'aversion et le dégoût primaire. Par ailleurs, deux émotions primaires mélangées vont donner une troisième expression, qui souvent est suffisamment distincte pour avoir son propre nom, par exemple la cruauté lorsque l'on combine la colère et la joie. Comme si cela ne suffisait pas, en mélangeant les intensités de chaque émotion ressentie et en les multipliant, on arrive à un nombre d'expressions faciales qui peut rapidement dépasser le millier.

Mais il ne faut pas se laisser décourager ; avec la pratique on arrive à capter les subtilités dans chaque situation, à condition de tenir compte du contexte social et culturel dans lequel on se trouve. Il est également primordial de comparer l'émotion véhiculée par l'expression faciale au sens des mots, au timbre de voix et au langage corporel de l'interlocuteur. Si ceux-ci sont en contradiction, les expressions micro-faciales, qui ne durent qu'une fraction de seconde, sont particulièrement révélatrices.

Emotions et culture

Savoir identifier les émotions est une aptitude de positionnement fondamentale, les agents de police et les inspecteurs des douanes en savent quelque chose. La lecture des émotions nous fournit des informations précieuses qui nous permettent d'être plus efficaces dans les prises de décision et dans la communication.

L'intelligence émotionnelle n'est pas figée, elle peut être développée, mais pas uniformément dans toutes ses composantes. Dans les années 1970 deux écoles s'affrontèrent. D'une part, les idées de Charles Darwin, selon lesquelles les émotions sont universelles et utiles partout dans le monde pour toutes les espèces. Par conséquent, les émotions de base devraient être reconnues universellement. D'autre part, l'hypothèse de Margaret Mead, pour qui les émotions sont entièrement liées au contexte.

Le Dr. Paul Ekman voulut aller au fond de la question et parcourut le monde, en particulier des endroits reculés avec des populations qui n'avaient eu aucun contact avec le monde extérieur. Des essais particulièrement concluants furent réalisés en Papouasie Nouvelle Guinée, où le Dr. Ekman montra aux membres d'une tribu autochtone des photos d'individus affichant des émotions diverses : tristesse, joie, déception, dégoût, etc. Les personnes interrogées n'eurent aucun mal à décrire les émotions et à les cataloguer correctement. Le Dr. Ekman en conclut que Darwin avait raison, et que les émotions primaires sont bel et bien universelles.

Par conséquent, l'identification des émotions peut être pratiquée partout sur la planète avec le même degré de justesse. Il convient néanmoins de tenir compte des différences culturelles, car selon le Dr. Ekman, il existe des règles d'affichage qui diffèrent d'une culture à l'autre, et qui ont pour effet de placer certaines émotions secondaires en dehors du cadre de l'identification. Cela est d'ailleurs vrai à plus petite échelle dans les sociétés, les clubs ou même les familles.